Description

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Le permis de construire signé en juillet 2020 porte sur un projet de centre commercial devenu gigantesque et se caractérisant maintenant par :

– 63 000 m2 de surface plancher,

– 34 571 m2 de commerces non alimentaires,

– 4 729 m2 de restauration,

– 3 943 m2 de cinéma,

– 3 694 m2 « d’industries culturelles »

– 1 600 places de stationnement sur trois niveaux.

Une projection graphique tirée du permis de construire donne la mesure du gigantisme du projet. On y voit 3 bâtiments, deux mesurant 25m de hauteur et le troisième 32m de haut.

Photomontage tiré de l’étude d’impact. L’image est trompeuse.
Les arbres au fond sont représentés beaucoup plus grands, et l’immeuble d’habitation « L’Orée de France » derrière est représenté plus élevé que l’édifice, alors que celui-ci aura 32 m de hauteur.

L’étude d’impact prévoit une capacité d’accueil de 14 000 personnes/jour, avec 130 boutiques, 19 restaurants, 3 niveaux de parking creusés en sous-sol pour 1 600 places, le tout sur une superficie au sol de près de 3 hectares.

A titre de comparaison, le centre commercial Balexert à Genève, considéré le plus grand de la Suisse, qui compte un nombre similaire de boutiques (120), de restaurants (15) et 2 200 places de parking, accueille 8,5 millions de consommateurs par an !

Les raisons de la colère

Au-delà des conséquences environnementales directes (pollution, effets destructeurs sur l’économie locale et circulaire), ce type de projet commercial pharaonique a des conséquences désastreuses pour la vie sur terre. Il nous faut repenser ce modèle consumériste, qui invite à l’achat de toutes sortes de produits inutiles à prix dérisoires, basé sur l’exploitation continue de la nature, des matières premières et du travail des ouvriers et ouvrières à l’autre bout du monde. La crise sanitaire actuelle est liée à ce modèle.

Notre indignation porte sur le modèle économique et consumériste derrière ce type de projets, en inadéquation totale avec l’urgence de la transition écologique.

Notre préoccupation concerne la destruction de l’économie locale et des commerces de proximité.

Notre certitude est que cela entraînera la destruction des liens sociaux qui sont essentiels au bien-être de tous.

Notre inquiétude porte par ailleurs sur le considérable accroissement de la circulation et donc de la pollution que ce projet provoquera entre Ferney et Genève.  Aujourd’hui déjà, des dizaines de milliers de frontaliers du pays de Gex passent la douane par un entonnoir constitué par le tunnel de l’aéroport au sud de la ville de Ferney-Voltaire. Ce ne sont pas les transports publics prévus (BHNS, tram) qui réduiront la venue en voiture de consommateurs toujours plus nombreux. Preuve en est que le projet prévoir de construire 1 600 places de parkings réparties sur trois niveaux de sous-sol.

De très nombreux centres commerciaux ont fermé leurs portes ces dernières années (que ce soit aux Etats-unis, en Allemagne ou en France). L’opposition des citoyens à ce type de projets est toujours plus forte. La Convention citoyenne pour le climat a ainsi proposé un moratoire sur la construction de nouveaux centre commerciaux. Face à la crise sanitaire, économique, sociale, les citoyennes et citoyens veulent un modèle d’échange et de consommation plus local et circulaire, d’autres formes de vivre-ensemble.

Nous refusons qu’un projet totalement dépassé, contraire à l’urgence de la transition écologique et solidaire, désastreux pour l’environnement global et local, se mette en place à la porte de notre ville.